| .. |

 

 

  Vous êtes ici :

 

 

 

Accueil

 

  L'histoire

  Le fonctionnement

  Les centrales française

  Tchernobyl

  Superphénix

 

  Les dossiers

 

 

inscription
désabonnement

 

 

Le vraix


1- Les causes de l'accident:
D'abord la conception du réacteur de Tchernobyl:
La filière RBMK, qui n'existe qu'en URSS, présente, par comparaison avec les filières à eau sous préssion (REP), trois inconvénients principaux, au moins, dans le domaine de la sûreté:

  • le réacteur est instable à faible puissance. Ce réacteur peut donc dans certaines conditions, s'emballer, ce qui est exclu dans le cas des réacteurs REP.
  • La vitesse d'insertion des barres qui commandent l'arrêt du réacteur est insuffisante. En cas d'urgence, l'arrêt n'intervient qu'au bout de 20 secondes pour 2 secondes sur l'ensemble des réacteurs occidentaux. En outre, la constitution de ces barres fait que le début d'insertion provoque un accroissement de la puissance.
  • L'absence d'enceinte de confinement a permis le relâchement dans l'environnement d'une fraction importante de radionucléides présents dans le réacteur (quelques % du combustible lui-même et environ 50 % du césium et de l'iode).

 

Ensuite, les facteurs humains:
Les causes rapportées par les médias et relatives à l'incompétence des exploitants et à la vétusté de la technologie sont réelles. Il est indispensables de rappeler que les experts ont recensé six erreurs humaines graves:

  • deux violations des consignes permanentes,
  • un non-respect de la procédure d'essai en cours avant l'accident,
  • trois suppressions volontaires des protections automatiques du réacteurs.

Les soviétiques ont déclaré que si une seule de ces six erreurs n'avait pas été commise, l'accident aurait été évité.

 

L'absence d'ingénieur spécialiste de la sûreté au momment de l'essai, la violation par trois fois des consignes d'exploitation par l'équipe de conduite, la liberté laissée à cette équipe de conduite de "jouer" avec les sécurité du réacteurs dénotent une absence de culture de sûreté en exploitation et un manque de formation des équipes de conduite. Les soviétiques ont déclaré que "les exploitants de Tchernobyl avaient perdu tout sens du rique". Il nous est cependant difficile de nous prononcer sur les reponsablités respectives de l'ensemeble de l'organisation nucléaire soviétique de l'époque et des opérateurs aux commandes de l'installation.

 

2-Les consequences sanitaires:
Contrairement à tous les pays occidentaux et notamment à la France, l'URSS semble n'avoir retiré aucun enseignement de l'accident de Three Mile Island (Etats-Unis, 1979) où le facteur humain avait eu, dans le déroulement des faits, une part prépondérante.

 

Les grands irradiés:
Parmi les personnes présentes sur le site de Tchernobyl au momment de l'accident ou peu après, 237 ont souffert d'un syndrome d'irradiation aiguë et 31 sont décédées.

Les personnes du public n'ont pas reçu de doses susceptibles de provoquer un syndrome d'irradiation aiguë.

 

Les évacuations:
116 000 à 135 000 personnes, habitant dans la zone des 30 km autour de Tchernobyl ont été évacuées durant le printemps 1986. Par contre, au momment de l'accident, il n'y a pas eu d'alerte de la population ni de confinement. Les habitants de Pripyat ont été évacués le 27 avril entre 14h et 17h, soit plus de 24h après l'accident.

 

Une consigne de confinement prise dans les premières heure après l'accident aurait notablement diminué les doses reçues par la population, en particulier les doses d'iode reçues par les enfants.

 

Les liquidateurs:
600 000 à 800 000 personnes, souvent jeunes, essentiellement des hommes du contingent, sont venues travailler sur le site de Tchernobyl, dans les jours et les mois qui ont suivi l'accident. Elles n'ont pas bénéficié de mesures systématiques de radioprotection et n'ont pas eu de dosimétrie individuelle. Elles sont ensuite reparties dans leurs régions d'origine, sans avoir éré recensées. Cependant, les avantages sociaux et économiques dont bénéficient les "victimes" de Tchernobyl les motivent pour se faire connaître des autorités, ce qui permet de les retrouver.

 

Les doses à la thyroïde des enfants:
De nombreux enfants ont reçus des doses élevées au niveau de la thyroïde, très supérieures à la limite de dose fixée pour le publicà 0,05 Sv (5 rems). 1% des enfants exposées aux retombées supérieure à 10 Sv (1000 rems), et 10% une dose comprise entre 2 Sv (200 rems) et 10 Sv (1000 rems). L'irradiation de la thyroïde a été liée à la contamination par l'iode radioactif qui est  concentré par cette glande. La dose reçue par le reste de l'organisation a été beaucoup plus faible.

 

Il faut ajouter qu'une protection par ingestion rapide, après l'accident, de comprimés d'iode stable non radioactif (dans le but de saturer la thyroïde en iode et d'empêcher ainsi la fixation de l'iode radioactif dans celle-ci) n'a pas été réalisée dans le nombeuses régions contaminées par l'ioderadioactif ou a été décidée et réalisée beaucoup trop tardivement. Ces comprimés d'iode, associés à des mesures simples (confinement, restrictions alimentaires), auraient pu diminuer les doses reçues à la throïde à des niveaux non dangereux s'ils avaient été donnés dans les heures suivant l'accident.

 

Les cancers de la thyroïde des enfants:
 Une augmentation des cancers de la thyroïde chez les enfants de moins de 145 ans est apparue dès 1990, signalée d'abord en Biélorussie, puis en Ukraine. Les premiers rapports scientifiques, confirmés par des experts occidentaux, ont été publiés à la fin de l'année 1992. Un excès de cancers de la thyroïde de l'enfant a également été rapporté dans le sud de la Russie dans les régions de Bryansk et de Kaluga mais il est moins important qu'en Biélorussie et Ukraine. En 1995, plus de 500 cancers de la thyroïde ont été répertoriés chez les enfants des zones contaminées.

 

Le delai de 4 ans pour l'apparition des premiers cancers de le thyroïde après l'accident a surpris car les cancers de la thyroïde induits par les rayonnments ionisants apparaissent en général plus de 5 ans, voire 10 ans après l'irradiation. On pourrait l'expliquer par le jeune àage des enfants atteints, la thyroïde étant d'autant plus sensible à l'irradiation que l'enfant est plus jeune. D'ailleur, parmi les premiers patients atteints, on trouvait 8 enfants irradiés avant leur naissance dans l'utérus de leur mère. Les moyens thérapeutiques actuels permettent de guérir la majorité des cancers de la tyroïde.

 

Cependant, certains enfants ont des formes particulièrement agressives de cancers, avec des métastases fréquentes, ganglionnaires et pulmonaires, comme cela est observé chez les jeunes en cas de cancer de la thyroïde spontané. Actuellement, une dizaine d'enfants contaminés à la suite de l'accident de Tchernobyl sont morts de cancer de la thyroïde.

 

Le suivi médical:
De nombreuses insuffisances de la médecine soviétique ont été mises en évidence à juste titre par la presse. Parmi ces insuffisances, on relève : le manque de matériel pour les explorations complémentaires, l'abscence de prélèvement sanguin systématique, le "suivi médical balbutiant" de la population touchée, le niveau faible des connaissances médicales et scientifiques, l'absence de coordination entre les différents services médicaux. Rappelons néanmoins que les soviétiques disposaient d'équipes médicales hautement spécialisées dans le domaine des radiations dans certains centres, comme celui de moscou où ont été traités les grands irradiés.

 

Les troubles psychologiques et psychosomatiques:
Ils concernent avant tout les liquidateurs et les populations évacuées.

L'anxiété, le stress, les signes de dépression avec une agmentation des suicides, viennent au premier plan. Cette anxiété est associée à des effets divers sur la santé qui ont tendance à être attribués systématiquement à l'accident de Tchernobyl. On a relevé une augmentation des maladies respiratoires, digestives ou cardiovasculaires. Tous ces troubles ont initialement été intégrés dans le terme de "radiophobie": ils ne sont pas liés à des effets directs des radiations mais au traumatisme psychologique causé par l'accident (modification du mode de vie, inquiétude sur les risques encourus). Il sont aggravés par l'incohérence des propos officiels depuis l'accident: après avoir nié tout risque pour la population, les pouvoirs publics ont proposé des évacuations et des indemnisations. Il en est résulté un manque de confiance de la population pour toutes les déclarations officielles.

 

Cette altération de la santé des personnes "déplacées" s'observe après toutes les catastrophe naturelles ou les guerres. Elle est aggravée à Tchernobyl par la radiophobie. Le système de compensation pour les relogés aggrave la situation car il contribue à les enfermer dans un statut passif de "victime de Tchernobyl". Ce statut est un facteur de ségrégation sociale car il suscite la jalousie des populations autochtones à l'encontre des relogés et freine leur réintégration sociale.

 

3-Les conséquences sur l'environnement

Les zones contaminées:
La contamination autour de Tchernobyl s'est propagée à distance de façon très irrégulière. Dans les zones où il a plu, la contamination a été plus irrégukière. Dans les zones où il a plu, la contamination a été plus importante car la pluie a entraîné vers le sol les particules du nuage radioactif qu'elle a traversé.

Certains produits contaminés par le césium ont été interdits à la consommation, afin de limiter la contamination interne.

 

Actuellement, de vastes territoires agricoles ne peuvent être exploités en raison de la contamination résiduelle. Dans d'autres zones, les activités agricoles (culture + élevage) ont repris mais les produits alimentaires restent soumis à des contrôles stricts avec une distribution limitée.

 

Retour dans les zones interdites:
Les autorités ne se sont pas opposées au retour des personnes âgées dans la zone interdite car leur état de santé s'améliore lorsqu'elles réintègrent leur domicile, essentiellement pour des raisons psychologiques; d'autre part la contamination a notablement diminué et peut en grande partie être évitée à condition de ne pas consommer de produits locaux.
Il y a peu de risque de provoquer des cancers supplémentaires.

 

L'impacts de l'accident sur la végation:
Autour de la centrale, dans la zone proche, les arbres sont morts, surtout les conifères qui constituent la plus grande partie de la forêt. Un peu plus à distance, des modifications sont apparues (forme et couleur des feuilles).

 

Un retour vers la normale s'est amorcé dans la forêt de Tchernobyl. Cependant, on peut observer des modifications de la flore :certains conifères ont repris par la tête, montrant une touffe d'aiguilles au sommet d'un tronc dénudé. Des inhibitions de croissance et des altérations morphologiques s'observent chez d'autres végétaux.

 

L'impacts de l'accident sur les animaux:
Tout comme la flore, la faune a été profondement modifiée dans la région voisine de Tchernobyl.

 

Dans la zone interdite des 30km, s'est instauré un nouvel équilibre écologique avec réapparition d'espèces sauvages qui étaient en voie de disparition. Il est difficile de préciser actuellement leur état de santé.

 

Quand aux animaux domestiques, le principal impact de l'accident s'est traduit par des troubles de la thyroïde chez les animaux qui avaient ingéré de fortes doses d'iode radioactif.

 

L'état du sarcophage de Tchernobyl:
Le sarcophage n'a jamais été prévu comme la solution définitive pour recouvrir le réacteur endommagé.

 

En conséquence, cette solution temporaire est inappropriée à long terme. Même si les fissures du sarcophage ont été bouchées en avril 1993, il est nécessaire de le remplacer par une solution tchnique de caractère permanent.

 

Les risques liés aux déchets:
Les opérateurs de nettoyage (et de réparations après l'accident) ont produit de très grandes quantités de déchets radioactifs ainsi qu'une contamination du matériel utilisé. Ils sont à l'heure actuelle stockés sur environ 800 sites à l'intérieur et à l'extérieur de la zone d'exclusion de 30 kms autour du réacteur. Ces déchets sont en partie conservés dans des containers, en partie enterrés dans les tranchées ou stockés à l'air libre.

Il existe des risque potentiels de contamination de la nappe phréatique, ce qui impose une surveillance étroite jusqu'à ce que des dispositions de stockage satisfaisantes soient mises en place.

Des initiatives ont été prises au niveau international et sont actuellement mises en oeuvre pour étudier une solution technique à l'élimination de ces sources et des risques résiduels sur le site.

 

4-La sureté des centrales des pays de l'Est et de l'ex-URSS
L'arrêt de Tchernobyl:
Un protocole d'accord a été signé le 20 décembre 1995 entre le gouvernement Ukrainien et les pays du G7 pour la fermeture de la centrale de tchernobyl avant l'an 2000. Le montant de l'aide occidentale proposé est de 2,3 milliards de dollars. Mais un long chemin reste encore à parcourir pour la mise en oeuvre de cet accord.

 

L'amélioration de la sûreté nucléaire:
Les axes prioritaire de l'assistance aux pays  de l'est dans le domaine de sûreté nucléaire ont été définis au sommet du G7 (regroupement des sept pays des plus industrialisés du monde) à Munich en juillet 1992:

  • contribuer à améliorer la sûreté en exploitation des réacteurs existants,
  • soutenir financiérement les actions d'amélioration qui peuvent être apportées à court terme aux réacteurs les moins sûrs, en échange d'engagements précis de fermeture,
  • améliorer l'organisation du contrôle de la sûreté, en distinguant les responsabilités des différents intervenants et en renforcant le rôle et les compétances des Autorités de sûreté locales.

La France a pris une part active dans ces programmes. L'IPSN lié à l'organisme homologue allemand, le GRS, au sein du cabinet RISKAUDIT, développe une expertise de sûreté pour les réacteurs à eau sous pression de type VVER.

EDF de son coté participe pour ce même type de réacteur à l'amélioration de la sûreté en exploitation et à des projets de modernisation ou d'achèvement de centrales.

La Direction de la Sûreté des Instalations Nucléaires (DSIN) soutient l'organisation du contrôle de la sûreté tout particulièrement en Russie, Ukraine, République tchèque et République slovaque.

 

Le remise en route de Kozlody:
En Bulgarie, l'Autorité de sûreté a donné au cours de l'automne 1995 son accord au redémarrage de la tranche 1 de la centrale de Kozloduy bien qu'elle ait été avertie par les experts franco-allemands de RISKAUDIT des risques pris en ne contrôlant pas auparavant l'état réel de fragilisation de la cuve. Néanmoins, ces contrôles seront réalisés dès la fin de l'hiver 95-96.

 

5-L'information en France
La mauvaise perception par le public de l'information donnée en France après l'accident:
 De nombreux médias ont fait état du manque d'information en France, au moment de Tchernobyl, sur l'accident lui-même et sur les conséquences éventuelles pour la population française.
Il est tout à fait exact que l'information a été inadaptée et mal perçue. Une information plus large du public, sur les niveaux de contamination et les risques correspondants, aurait sans doute évité la longue polémique qui en est résultée. De plus, les commentaires des journalistes n'étaient pas toujours fondés et les informations étaient transformées pour faire place au sensationnel.

A contrario, il faut noter que dans les pays où une large information a été faite sur les niveaux de radioactivité, mais sans explication sur les gegrés de nocivité, il en est résulté des attitudes irrationnelles de la population conduisant notamment à des dizaines de milliers d'avortements injustifiés en Europe, en particulier en Allemagne, Suède, Finlande...

 

La politique de transparence:
 Depuis tchernobyl, de nombreuses mesures pour l'information du public ont été prises en France:

  • depuis décembre 1986, EDF, le CEA, la COGEMA pratiquent une politique de transparence de l'information sur la vie des centrales et des installations, les incidents, les causes des pannes rencontrées. Pour faciliter la perception sur l'importance des incidents, une échelle de gravité d'incidents et accidents nucléaires a été mise au point d'abort en France puis depuis deux ans au niveau international (échelle INES qui comporte sept niveaux).
  • Le magazine d'information MAGNUC (accessible sur Minitel: 3614 code MAGNUC) présente l'actualité des problèmes de sûreté nucléaire, ainsi que les résultats des mesures dans l'environnement, notamment des sites nucléaires. Il indique également les résultats des mesures sur les denrées alimentaires. Il est mis à jour par la DSIN (Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires).
  • le serveur TELERAY (accessible sur Minitel: 3614 code TELERAY) présente la situation adiologique de tout le territoire à partir de 169 stations dont les données sont mises à jour automatiquement chaque jour.
    Ce serveur est en service depuis 1991. Il est géré par l'OPRI (Office de Protection contre les Rayonnement Ionisants) du Ministère de la Santé.
  • Chaque site nucléaire transmet mensuellement aux Pouvoirs publics, mais aussi à la presse locale, aux mairies avoisinantes et à la Commission Locale d'Information, les résultats des contôles de radioactivité effectués dans l'environnement ainsi que sur les rejets.