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Tchernobyl met en cause la technologie utilisée
par les Soviétiques, mais surtout l'organisation de l'exploitation
d'une centrale nucléaire en U.R.S.S., avec notamment l'absence de
prise en compte de l'importance du facteur humain.
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Au début
de 1986, l'URSS disposait de 51 réacteurs nucléaires représentant
un capacité totale de 28600MW. L'URSS est le troisième producteur
mondial d'électricité nucléaire, après les
USA et la France. La filière RBMK (Reactor
Bolchoe Molchnastie Kipiachie ou réacteur de grande puissance à
eau bouillante) représente plus de la moitié de la puissance
nucléaire installée, c'est une filière exclusivement
soviétique, qui n'a jamais été exportée. |
L'analyse
L'absence d'ingénieur spécialiste de la sûreté
au moment de l'essai, la violation par trois fois des consignes d'exploitation
par l'équipe de conduite, la liberté laissé à
cette équipe de conduite de "jouer" avec les sécurités
du réacteur dénotent une absence d'organisation de la qualité
en exploitation et un manque de formation des équipes de conduite.
Les Soviétiques ont déclaré que "les exploitants de
Tchernobyl avaient perdu tout sens du risque".
Contrairement à tous les pays occidentaux, l'URSS semble n'avoir
retiré aucun enseignement de l'accident de Three Mile Island (Etats
Unis, 1979) où le facteur humain avait eu dans le déroulement
des faits une part prépondérante.
Un réacteur instable
Dans les réacteurs occidentaux, une variation de la puissance
du réacteur tend à s'annuler elle-même et crée
des conditions qui limites cette variation.
Dans les réacteurs semblables à Tchernobyl, quand la puissance
augmente, la quantité de vapeur dans le réacteur, le "vide",
augmente également et accroît à nouveau la puissance.
On dit que ces réacteurs ont un "coefficient de vide" positif. Les
réacteurs RBMK sont instables et le sont d'autant plus que le niveau
de puissance est faible.
Des systèmes de protection
insuffisants
Dans les réacteurs français, des barres de contrôle
chutent par leur propre poids sur un signal d'arrêt d'urgence et
atteignent leur position de butée, et donc leur pleine efficacité,
en une seconde environ.
Dans les réacteurs RBMK, les systèmes de protection sont
insuffisants: les barres de contrôle ne peuvent descendre qu'à
une vitesse maximale de 40cm/seconde. Elles atteignent leur butée
en 20 secondes.
L'absence d'une enceinte de confinement
L'analyse de la sûreté de ce type de réacteur est
incomplète. Les critères de sûreté sont très
en-deçà de ceux pris en compte dans les pays occidentaux.
Le confinement n'est que partiel autour du réacteur. Il n'y a pas
d'enceinte de confinement résistant entourant le coeur du réacteur.
A Tchernobyl, l'absence d'enceinte de confinement a précisément
eu pour conséquence le relâchement dans l'atmosphère
d'une part importante des produits de fission.
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